Les 30 ans du Débat

Le Débat numéro 160 – mai-août 2010

  Au sommaire du numéro spécial publié à l'occasion du trentième anniversaire de la revue :

   Continuer Le Débat, par Pierre Nora
   Pourquoi des revues ?
   Le monde tel qu'il change
   Fondamentaux
   Modes et modèles
   Points et contrepoints
   À sauts et à gambades

 

Le Débat n° 160 – mai-août 2010
Directeur : Pierre Nora
Rédacteur en chef : Marcel Gauchet
288 pages, 20,50 €
En librairie le 25 mai 2010

   
   


Pourquoi des revues ?

Régis Debray, Pierre Nora : Pourquoi des revues ?
Lettre de Régis Debray à Pierre Nora.
Lettre de Pierre Nora à Régis Debray.

  La discussion publiée ici avait été organisée par Le Nouvel Observateur, en 1980, autour de la sortie du premier numéro du Débat. Sa longueur avait alors empêché sa publication. Notre trentième anniversaire nous donne l’occasion de l’exhumer. Nous y joignons un échange de lettres où Régis Debray et Pierre Nora reviennent, trente ans après, sur le chemin parcouru.

   
   


Le monde tel qu'il change

Hubert Védrine : La redistribution de la puissance. Entretien.
Michel Winock : Méandres de la gauche.
Pascal Ory : Trente Glorieuses, Trente Critiques : et maintenant ?

  Inutile de s’étendre sur le fossé qui sépare le monde de 2010 de celui de 1980. Fin de la guerre froide, désagrégation du système soviétique, déferlement de la globalisation, surgissement de l’Asie : nous n’avons cessé de scruter le mouvement en cours et d’analyser les manifestations du changement. Mais la scansion symbolique de ce trentième anniversaire réclamait de prendre du recul et de faire le point par rapport au chemin parcouru. Nous revenons avec Hubert Védrine sur les bouleversements de la carte du globe et sur les perspectives du système des puissances en train de se dessiner.
  En 1980, nous étions à la veille de l’alternance à gauche qui a profondément transformé les conditions de la vie politique française. Mais le facteur de transformation le plus déterminant, sur la longue durée, a été la sortie du moule révolutionnaire, soutient Paul Yonnet. Elle a modifié les termes du débat public plus que n’importe quelle péripétie électorale.
  De sa victoire de 1981 à ses incertitudes actuelles, la gauche française a connu un moment fort de son histoire. Jamais elle n’avait été en position d’exercer le pouvoir aussi longtemps. Michel Winock retrace les étapes de ce parcours exceptionnel et en dégage les leçons.
  Nous étions, en 1980, au début d’un cycle politico-culturel, après celui des Trente Glorieuses. Il se pourrait bien qu’il soit en passe de se terminer, s’il n’est déjà clos, suggère Pascal Ory. Les années qui viennent seront sans doute assez différentes de ces « Trente Critiques » que nous avons traversées. Il y faudra un autre Débat

   
   


Fondamentaux

Marcel Gauchet : Trois figures de l’individu. 
Jean-François Colosimo : Métamorphoses du divin. Un reportage d’idées.
Dominique Bourg, Alain Papaux : Écologie, 1980-2010 : de l’exception française à la normalisation. 
Dominique Pestre : Des sciences et des productions techniques depuis trente ans. Chronique d’une mutation.
Pascal Griset : L’émergence d’Internet. Entre imaginaire universel et réalités américaines.
Christian Vandendorpe : Bouleversements sur le front de la lecture.
Monique Dagnaud : Le web, ce laboratoire du capitalisme sympa.

  Quelles ont été les forces fondamentales de renouvellement de la conscience collective depuis trente ans ? Il nous a semblé possible d’en identifier cinq : la poussée de l’individualisme, le retour des religions, la prise de conscience écologique, la montée en puissance de la recherche scientifique, l’irruption des réseaux numériques.
  Il a été beaucoup question de l’individu depuis 1980, y compris dans ces colonnes mêmes. Mais quel individu ? À y regarder de près, sa figure a notablement évolué. Marcel Gauchet propose une périodisation de ces déplacements.
  La révolution islamique de 1979 en Iran a marqué le coup d’envoi d’une spectaculaire reviviscence du religieux au premier plan de l’actualité. Mais le phénomène est tout sauf simple, derrière ses apparences massives. Jean-François Colosimo en explore les ambiguïtés.
  De la « pollution » au « développement durable », l’entrée en scène de la préoccupation pour l’avenir de la planète est, à n’en pas douter, l’un des apports marquants de la dernière période. Or elle a emprunté en France des chemins tortueux et contrariés, montrent Dominique Bourg et Alain Papaux. Ils interrogent les motifs de cette exception et les voies par lesquelles elle s’est résorbée.
  Ce n’est pas d’aujourd’hui que les sciences et les techniques jouent un rôle moteur dans le devenir de nos sociétés. Cette capacité transformatrice semble toutefois avoir pris un caractère inédit en se faisant toujours plus systématique. Notre avenir, nous assure- t‑on, c’est la « société de la connaissance ». Dominique Pestre analyse cette mutation.
  Comme il se devait, Internet occupe une place de choix dans le tableau.
Le moment est venu, pour commencer, au-delà des légendes et des mythes d’origine, d’établir scientifiquement l’histoire de cette émergence majeure. Pascal Griset met en lumière ce que ce travail critique apporte à l’intelligence des réalités du secteur.
  Les incidences cognitives des « nouvelles technologies de l’information et de la communication » ne sont plus à souligner, même si leur nature est difficile à apprécier. Christian Vandendorpe dresse le bilan de ce que l’on connaît de leurs effets sur la lecture.
  Mais Internet constitue également un formidable laboratoire idéologique. C’est toute une vision du fonctionnement économique et social qui s’y fabrique et s’y propage. Le capitalisme décontracté, mais sans complexe, y est roi, fait ressortir Monique Dagnaud. Sur ce terrain-là aussi, l’examen des réalités est rude pour les chantres de l’utopie.

   
   


Modes et modèles

Bénédicte Delorme-Montini : Le moment post-moderne.
Olivier Postel-Vinay : Cognition et évolution : « un nouveau paradigme » .

  Quels sont les courants d’idées qui se sont montrés à la fois les plus fédérateurs et les plus influents, au total, à l’échelle internationale, au cours de ces trente dernières années ? Tout bien considéré, ils se ramènent à deux : le post-modernisme et le cognitivisme associé au néo-évolutionnisme ; le discours de la déconstruction et le discours de la naturalisation de l’esprit.
  Bénédicte Delorme-Montini dresse un panorama des multiples expressions qu’a revêtues le moment post-moderne. Olivier Postel-Vinay retrace la formation de ce qu’il est permis de regarder comme un nouveau paradigme, au carrefour des neurosciences, des retombées du modèle de l’ordinateur et des développements de la biologie de l’évolution.

   
   


Points et contrepoints

Bulle. Le réel, la finance et le moi, par Hervé JuvinCom’. Machiavel et les médias, par Bernard Poulet Communautarisme. Minorités et identités, par Laurent BouvetDiversité. Les ruses de l’uniformité, par Krzysztof PomianÉmotion. Un cycle collectif, par Krzysztof PomianGenre. Magie d’un mot, par Camille Froidevaux-Metterie — ONG (humanitaire). La politique de l’urgence, par Jean-Christophe RufinPatrimoine. Vers une carapace virtuelle ? par Pierre NoraPeople. Visibles et invisibles, par Marcel GauchetPopulisme. Un concept anticorps, par Jacques JulliardValeur (pour l’actionnaire). Le combat sans débat, par Jérôme BatoutVictime. L’horizon indépassable de notre temps, par Krzysztof Pomian

  Une époque, un esprit du temps, un moment de culture s’appréhendent de manière privilégiée par les mots qu’ils affectionnent, les expressions qu’ils consacrent, voire les tics de langage qu’ils cultivent. Aussi convenait-il de faire place, à côté de l’inventaire raisonné, à la libre exploration du vocabulaire de l’heure, selon une méthode que Le Débat a régulièrement pratiquée. Multiplication des angles, variété des traitements, sans prétention à l’exhaustivité : la règle de l’exercice est de ne pas en avoir. Certaines notions font l’objet d’un examen approfondi, d’autres se contentent d’un rapide coup de sonde, quand ce n’est pas d’une simple notation. Pour mieux répartir la matière et marquer la diversité des approches, nous avons distingué une rubrique « Points et contrepoints » d’une autre, dont le titre emprunté à Montaigne, « À sauts et à gambades », dit bien la complète liberté de tour et de ton que nous avons recherchée. Mais d’une rubrique à l’autre, au-delà de la différence des modes d’expression, l’ambition de déchiffrement est la même.

   
   


À sauts et à gambades

Association. Krzysztof PomianBiopic. Mara Goyet Burqa. Mara GoyetCoach. Bénédicte Vergez-ChaignonConcept. Marcel GauchetConstruction sociale. Nathalie HeinichCritique. Marcel GauchetDeuil. Mara GoyetÉco-. Bénédicte Vergez-ChaignonÉcoute. Bénédicte Vergez-ChaignonGalvaudéculés. Mara GoyetGenre. Nathalie Heinich Impacter. Mara GoyetJ’avoue. Mara GoyetLunettes. Mara GoyetNoir. Mara Goyet Parodie. Mara GoyetPower Point. Mara GoyetSex toy. Mara Goyet Tacler. Mara Goyet T 9. Mara Goyet

     
   

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