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Mario Vargas Llosa, prix Nobel de littérature 2010 L'académie suédoise a décerné, le jeudi 7 octobre 2010, le prix Nobel de littérature à Mario Vargas Llosa « pour sa cartographie des structures du pouvoir et ses images aiguisées de la résistance de l'individu, de sa révolte et de son échec ». Romancier, journaliste, homme politique, Vargas Llosa est l'auteur d'une œuvre dense, polymorphe et audacieuse, traduite en plus de trente langues. « Voici quarante ans, en 1966, les Éditions Gallimard publiaient le premier roman d'un jeune auteur péruvien totalement inconnu en France, mais qui venait d'obtenir à Barcelone le prix Biblioteca Breve, l'un des plus prestigieux du monde hispanique. La Ville et les chiens, qui parut sous la couverture étoilée de la collection « La Croix du Sud », a été perçu au premier abord comme un nouveau pari de son responsable, Roger Caillois, qui nous avait fait découvrir tant de merveilles de l'Amérique latine. Or bientôt la critique ne parla plus de « pari » mais plutôt de grande découverte, car le roman remporta un succès foudroyant auprès des lecteurs de l'Hexagone. Mario Vargas Llosa les avait, en effet, aussitôt séduits par la force de son imaginaire, par la beauté de sa langue et par sa surprenante maîtrise de l'art du roman. Ce fut le début d'une longue histoire qui dure depuis cet hiver de 1966 et dont les différents épisodes, étalés dans le temps, portent des titres tels que Conversation à « La Cathédrale » (1973), La Tante Julia et le scribouillard (1980), La Guerre de la fin du monde (1983) ou plus récemment La Fête au Bouc (2002) et Le Paradis — un peu plus loin (2003). Grâce à ces livres et à tant d'autres, le jeune romancier inconnu est devenu chez nous, et dans le monde entier, l'une des figures majeures de la littérature contemporaine et un intellectuel engagé et vigilant dont l'opinion est constamment sollicitée. Je crois que l'on peut dire sans exagérer qu'il incarne aujourd'hui, comme peu d'écrivains savent encore le faire, cette vocation première du romancier moderne : conjuguer les forces de l'imagination et de l'esprit critique pour dégager la réalité cachée sous des "vérités acquises" ». Antoine Gallimard, 2006
Du 14 septembre au 6 novembre 2010, la Maison de l'Amérique latine consacre une exposition à la vie et à l'œuvre de l'écrivain.
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