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Le
Mercure de France
Une
revue (1890-1965)
Le Mercure de France
est à l'origine une revue littéraire fondée à
Paris en 1890 par quelques jeunes écrivains, réunis autour
d'Alfred Vallette. Sa première livraison est datée du 1er
janvier 1890. Rares sont les revues littéraires nées à
la fin du XIXe siècle qui ont connu sa longévité
et son prestige. C'est d'abord à la qualité de ses auteurs
qu'il le doit, des premiers poètes «symbolistes» aux
romanciers de l'entre-deux-guerres : Henri de Régnier, Pierre Louÿs,
Remy de Gourmont, Émile Verhaeren, Rachilde, Jules Renard, Alfred
Jarry, Marcel Proust, Léon Bloy, Marcel Schwob, Victor Segalen,
Paul Léautaud, Apollinaire, Mac Orlan ou Georges Duhamel... Sans
oublier les contributeurs aujourd'hui méconnus, critiques, érudits
polygraphes ou traducteurs, à l'image de G.-Albert Aurier, Henri
Albert, traducteur de Nietzsche, Henri-D. Davray, traducteur de Wilde
et de H.G. Wells, ou Philéas Lebesgue. Si la littérature
et l'art dominent, ils côtoient aussi bien la recension des dernières
publications médicales que d'avisés conseils gastronomiques,
les plus fines analyses politiques que les comptes rendus de manifestations
culturelles à l'étranger. C'est là un grand mérite
du Mercure de France de ne s'être laissé contraindre
par aucune limite disciplinaire. Reste enfin la personnalité d'Alfred
Vallette, «l'homme sérieux», qui tint jusqu'en 1935
le Mercure de France de façon très sûre, sans concession
et respectant par-dessus tout la liberté de ses auteurs.
Rachilde participe aussi à l'aventure du Mercure et contribue au
lancement de la revue. Parce qu'elle est romancière à succès
et l'épouse d'Alfred Vallette, elle peut jouer un rôle important
au sein de la revue. Elle s'adonne très tôt à la littérature
et fréquente les milieux littéraires parisiens tout en publiant
notamment La Tour d'Amour et La Marquise de Sade. Sa notoriété
date de 1884 après la publication de Monsieur Vénus
qui lui valut une condamnation pour outrage aux bonnes murs.
Une
maison d'édition
Outre les principaux
textes symbolistes, les premières uvres de Claudel et de
Gide constituent, en l'espace d'une quinzaine d'années, la base
du fonds Mercure de France : uvres vives, valeurs fondatrices de
la modernité, dont le dévouement d'Alfred Vallette puis
de Georges Duhamel entretient le culte et le rayonnement sous l'il
critique de Paul Léautaud, l'auteur du Journal Littéraire
tenu pendant soixante ans et récemment réédité
en trois volumes.
L'entre-deux guerres marque un tournant pour le Mercure de France.
Le symbolisme a fait son temps ; mais le succès que connaît
l'uvre de Georges Duhamel en France et à l'étranger
va permettre au Mercure de France de traverser la crise économique
avec sérénité. Alfred Vallette propose à Georges
Duhamel de reprendre la revue dès 1912, avant que ses récits
de guerre, publiés en 1917, ne le rendent célèbre.
Il reçoit le prix Goncourt pour Civilisations en 1918.
Alfred Vallette meurt en 1935 et Georges Duhamel prend la direction de
la revue et de la maison d'édition jusqu'en 1938. Il est alors
remplacé par Jacques Bernard qui tient les rênes de la société
jusqu'en 1944. Pendant l'occupation, Duhamel voit ses uvres interdites
et pilonnées alors que Jacques Bernard s'engage dans la voie de
la collaboration. Il est arrêté et jugé en 1945 pour
intelligence avec l'ennemi.
À la fin des années 1950, Le Mercure de France est racheté
par les Éditions Gallimard. Simone Gallimard, fidèle à
la tradition de la rue de Condé, continue à perpétuer
le fonds et à publier de nouveaux auteurs prestigieux comme Pierre
Reverdy, Henri Michaux, Pierre Jean Jouve, Yves Bonnefoy, Georges Séféris,
André du Bouchet, Adonis, Louis-René des Forêts et
aussi, grâce à Renaud Matignon, alors directeur littéraire,
Pierre Klossowski et Eugène Ionesco dont le Mercure de France publiera
le Journal en miettes, Présent Passé, Passé
Présent, sans oublier son seul roman, Solitaire.
Il faut mentionner également de nouveaux talents comme Salvat Etchart
(prix Renaudot 1967), Frédérick Forsyth, Michel Butel (prix
Médicis 1977), Émile Ajar, qui, avec le prix Goncourt 1975,
permettra au Mercure de France de vivre une aventure exceptionnelle, Claude
Faraggi (prix Fémina 1975), Jocelyne François (prix Fémina
1980), François-Olivier Rousseau (prix Médicis 1981 et prix
Proust), Nicolas Bréhal (prix des lectrices ELLE et prix Valery
Larbaud 1992), Paula Jacques (prix Fémina 1991), Dominique Bona
(prix Interallié 1992) et, fait unique dans l'histoire littéraire,
l'attribution simultanée de deux prix prestigieux, prix Goncourt
et prix Médicis en 1995, à Andreï Makine pour Le
Testament français traduit depuis dans 30 langues.
Le
Mercure de France aujourd'hui
En 1995, Isabelle
Gallimard prend la direction du Mercure de France et, tout en respectant
la tradition littéraire de la maison, crée de nouvelles
collections comme «Le Petit Mercure» où sont publiés
des textes courts ou des nouvelles selon des thèmes puisés
dans les classiques de la littérature française et étrangère,
ainsi que des textes introuvables ou inédits (Françoise
Dolto, Aragon, Bataille...)
Aux côtés de romanciers confirmés comme Gilles Leroy,
Pierre Charras, Alain Veinstein ou Nicole Caligaris, Isabelle Gallimard
publie également des premiers romans remarqués et salués
par la presse comme ceux de Karim Sarroub, Jean Grégor et dernièrement,
le premier roman prometteur d'une jeune femme, Ellen Willer, Baby sitting.
Dans la «Bibliothèque Étrangère», collection
dirigée par Marie Pierre Bay, sont publiés des romans d'auteurs
déjà célèbres comme Julian Barnes, Alain de
Botton, ou Anita Desai, ou de jeunes auteurs come Hitonari Tsuji, traduit
en français pour la première fois et qui a obtenu le prix
Fémina étranger en 1999. En 1999, Isabelle Gallimard entreprend
la réédition de textes de la prestigieuse collection «Le
Temps Retrouvé». Il s'agit d'offrir au public, et aux jeunes
en particulier, la possiblité de relire ces mémoires ou
correspondances qui n'étaient plus disponibles depuis plusieurs
années. Ce nouveau format avec une maquette moderne et élégante
a d'ores et déjà rencontré son public.
26, rue de Condé
75006 Paris
Téléphone : 01.55.42.61.90
Télécopie : 01.43.54.49.91
E-mail : mercure@mercure.fr
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