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Dans la collection NRF Essais
Le Diable dans un bénitier, de Robert Darnton
Les libelles pornographiques et politiques sont une mine pour l’étude du statut de l’écrivain, du marché du livre, du journalisme, de l’opinion
publique et de l’idéologie à la veille de la Révolution. À partir de l'analyse de quatre libelles emblématiques, l'historien des Lumières Robert Darnton montre comment l'art et la politique de la calomnie ont sapé la monarchie tout au long du XVIIIe siècle.
La parution du Diable dans un bénitier dans la collection NRF Essais est accompagnée d'une nouvelle édition de l'essai Bohème littéraire et Révolution, dans lequel Robert Darnton posait déjà en termes novateurs la question de la lecture au siècle des Lumières et de la part qui revient à la fermentation intellectuelle dans le temps long des origines de la Révolution.
Le Diable dans un bénitier (coll. NRF Essais)
Bohème littéraire et Révolution (coll. Tel)
Présentation de la collection NRF Essais |


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Robert Darnton
Le Diable dans un bénitier
L'art de la calomnie en France, 1650-1800
Le Gazetier cuirassé ; Le Diable dans un bénitier ; La Police de Paris dévoilée ; La Vie secrète de Pierre Manuel : quatre libelles parmi des centaines d'autres, pornographiques, délateurs, politiques. Leur accumulation fait corpus, tisse un récit si riche en intrigues et en anecdotes où les vies privées deviennent des affaires publiques qu'il semble que son invraisemblance ne peut être véridique. Mais les archives de la police et des services diplomatiques le confirment en tout point. Surtout, ce corpus est une mine concernant le statut de l'écrivain, le marché du livre, le journalisme, l'opinion publique et l'idéologie dans la France du XVIIIe siècle.
L'art et la politique de la calomnie, développés sous les régimes de Louis XV, de Louis XVI, de la monarchie constitutionnelle de 1789-1792 et sous la République jacobine de 1792-1794, créent un univers en soi. Une foule de plumitifs et d'écrivailleurs, fruit de l'explosion démographique de la république des lettres, crèvent la faim à Paris, subsistent grâce à des travaux alimentaires pour quelques mécènes, et, lorsque l'embastillement pour dettes menace, se réfugient à Londres notamment où ils se font précepteurs, traducteurs, colporteurs de brochures, tout en produisant en série plagiée, grâce aux rapports fournis par des informateurs secrets à Paris et à Versailles, des opuscules qui diffament le souverain et ses ministres, les danseuses et les hommes du monde, et dénoncent la dépravation et le despotisme. Leurs ouvrages sont édités par les imprimeries qui prolifèrent aux frontières du royaume d'où elles ont tissé des réseaux complexes de contrebandiers qui fournissent partout en France libraires et colporteurs. Le gouvernement français réplique en envoyant des agents secrets pour assassiner, enlever ou soudoyer les libellistes.
La calomnie dans la France du XVIIIe siècle est un courant littéraire et un genre politique qui, après avoir sapé l'autorité de la monarchie absolue, s'intégra à la culture politique républicaine pour atteindre son point extrême sous Robespierre. L'évolution des contenus conforta la permanence de la forme.
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Plus que jamais, Darnton manifeste ses qualités de conteur, son flair d'investigateur, toujours en quête d'histoires fécondes et de « faits solides ». Aussi cet épais volume fourmille-t-il de récits savoureux. [...]
« J'ai toujours voulu comprendre comment les idées pénètrent la société, précise l'historien. Grâce à sa police, que j'estime beaucoup, et à son Etat central, la France est la terre promise de quiconque s'intéresse à la diffusion symbolique des idées. » À partir de ce précieux matériau, enfin, Darnton met en lumière une évolution passionnante : tout en pointant les continuités entre les libelles d'Ancien Régime et ceux de la Révolution, il note qu'à partir de 1789 la rhétorique pamphlétaire bascule dans l'esprit de sérieux. Elle ne cherche plus à faire rire, mais à susciter la fureur. Tel est donc le paradoxe attaché à la naissance de notre modernité politique : elle est portée par des Lumières narquoises, mais la Révolution qui la met au monde a perdu le sens de l'humour. |
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| Jean Birnbaum, Le Monde des livres, 18 février 2010 |
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Robert Darnton
Le Diable dans un bénitier. L'art de la calomnie en France, 1650-1800
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Jean-François Sené
Collection NRF Essais
704 pages - 28 €
En librairie le 4 février 2010 |
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Robert Darnton
Bohème littéraire et Révolution Le monde des livres au XVIIIe siècle
La place des philosophes du XVIIIe siècle dans la préparation de la Révolution française a fait l'objet de controverses passionnées. Mais les historiens ne s'étaient guère, jusqu'à Robert Darnton, penchés sur le rôle des écrivains de second ordre – qu'ils tirent à Paris le diable par la queue en fabriquant une littérature pornographique et politique ou qu'ils se soient exilés à Londres, voire ailleurs, pour éviter l'embastillement. Ces ratés de la littérature tiendront un rang important dans le personnel révolutionnaire.
Vu des ateliers, des boutiques des libraires ou des officines de la police, le paysage des Lumières change du tout au tout : s'esquisse alors, à la croisée d'une histoire de l'édition et d'une double sociologie des auteurs et des lecteurs, le monde des livres au XVIIIe siècle. Cette étude pose en termes novateurs la question de la lecture au siècle des Lumières et de la part qui revient à la fermentation intellectuelle dans le temps long des origines de la Révolution.
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Robert Darnton
Bohème littéraire et Révolution. Le monde des livres au XVIIIe siècle
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Éric de Grolier
Nouvelle édition
Collection Tel
308 pages - 11 €
En librairie le 4 février 2010 |
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Robert Darnton est également l'auteur de Édition et sédition (« NRF Essais », 1991)

Robert Darnton
Édition et sédition
L'univers de la littérature clandestine au XVIIIe siècle
Redécouvrir l'énorme corpus oublié de la librairie illégale au siècle de Voltaire et de Rousseau, c'est pénétrer dans le monde bigarré de la littérature clandestine : on y rencontre, tour à tour, les éditeurs-imprimeurs, aux frontières du royaume, souvent gens honorables et bons bourgeois calvinistes, qui multiplient les publications subversives ou immorales ; les pauvres hères de la contrebande : passeurs, colporteurs et marchands forains qui risquent les galères pour diffuser dans le royaume cette littérature de l'ombre ; les gens installés, édiles et notabilités, qui lisent sous le manteau ces opuscules interdits, mais aussi les libraires les plus insoupçonnables qui, sous le comptoir, se livrent au commerce de livres scandaleux, tant les gains y sont aisés à faire.
Tous partagent la même fascination pour l'univers fictionnel des « écrits philosophiques » clandestins. Canards, chroniques scandaleuses, pamphlets matérialistes, textes pornographiques nourrissent la même vision du monde : la Religion est une tromperie, l'Église une oppression, le Roi un homoncule, ses maîtresses des catins, les catins les véritables maîtresses du royaume, et tout cela glisse vers l'abîme depuis le bon roi Henri IV...
Grâce à Robert Darnton, nous savons désormais ce que lurent réellement les Français au siècle des Lumières : une littérature séditieuse qui mina dans les esprits les fondements de l'Ancien Régime plus que ne le firent les forts traités des Philosophes.
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Robert Darnton
Édition et sédition. L'univers de la littérature clandestine au XVIIIe siècle
Collection NRF Essais, 1991
288 pages |
L’historien américain Robert Darnton a longtemps enseigné à l’université de Princeton. Spécialiste des Lumières européennes et de l’histoire du livre sous l’Ancien Régime, il s’intéresse aussi à la publication électronique. Il est le directeur de la Harvard University Library, le réseau des bibliothèques universitaires de l’université d’Harvard. |


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La collection NRF Essais
« "NRF Essais" n'est pas une collection au sens où ce mot est communément entendu aujourd'hui ; ce n'est pas l'illustration d'une discipline unique, moins encore le porte-voix d'une école ni celui d'une institution.
"NRF Essais" est le pari ambitieux d'aider à la défense et restauration d'un genre : l'essai. L'essai est exercice de pensée, quels que soient les domaines du savoir : il est mise à distance des certitudes reçues sans discernement, mise en perspective des objets faussement familiers, mise en relation des modes de pensée d'ailleurs et d'ici. L'essai est une interrogation au sein de laquelle la question, par les déplacements qu'elle opère, importe plus que la réponse. »
Éric Vigne
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