Hans Magnus Enzensberger au Goethe-Institut

  Le Goethe-Institut organise, le 8 mars 2010 à 20h, une lecture de Hammerstein ou l'intransigeance de Hans Magnus Enzensberger, dont la traduction française vient de paraître dans la collection Du Monde entier. En présence de Hans Magnus Enzensberger, Jean-Jacques Schuhl et Ingrid Caven.

  Entrée libre (réservation conseillée)

  « La peur n’est pas une vision du monde ». C’est par ces mots qu’en 1933, Kurt von Hammerstein, chef d’état-major général de la Reichswehr, résolut de tourner le dos à l’Allemagne nouvelle, et à Hitler devenu chancelier. Issu d’une très ancienne lignée d'aristocrates prussiens, Hammerstein méprisa profondément l’hystérie funeste où s’engageait son pays. On voulut ignorer son avertissement, et c’est en vain que le général, de complots en dissidences, tenta de freiner le désastre. Jusqu’à sa mort en 1943, Hammerstein aura préservé son indépendance, raidi dans une intransigeance devenue héroïque. Ses sept enfants eurent eux aussi des destins singuliers, prenant parti, contre tout réflexe de classe, pour la résistance intérieure.
  Le livre du grand écrivain allemand Hans Magnus Enzensberger n’est une biographie qu’en apparence. Car il s’agit d’« une histoire allemande », un récit tissant par mille moyens divers les destins individuels et le devenir collectif. Modeste devant la science historique, Enzensberger a choisi la liberté du narrateur : « même en dérapant à l’écart des faits, on peut tout à fait parvenir à des vues justes ». Et lorsqu’il dialogue avec les morts, Enzensberger en véritable sorcier invoque les esprits.
  À travers la multitude de ces vies qui se croisent, s’éveille le fantôme de la catastrophe allemande, révélant la décomposition de la République de Weimar, le passage de la vieille Prusse à l’ordre nouveau, la sournoise complicité de l’Allemagne avec l’Union soviétique, l’échec de la résistance, la folle association de l’idéologie la plus fanatique et du cynisme le plus froid.
  C’est parce qu’il a un sens aigu de ce qu’est un destin qu’Enzensberger nous offre ici un grand livre.

  Hans Magnus Enzensberger est né en Bavière en 1929. Docteur en philosophie et éminent représentant de la poésie allemande contemporaine, il est romancier, traducteur, journaliste et essayiste. Analyste critique des médias, il s'est notamment illustré par ses études consacrées aux liens qui unissent violence et politique, et peut être considéré comme l'un des plus fins analystes de l'époque contemporaine.

Goethe-Institut  

Lundi 8 mars 2010, 20h
17, avenue d'Iéna — 75116 Paris
Entrée libre (réservation conseillée)
Tél. : + 33 1. 44.43.92.30
www.goethe.de

En coopération avec Les Amis du Roi des Aulnes et avec les Éditions Gallimard


Le livre  

Hans Magnus Enzensberger
Hammerstein ou l'intransigeance. Une histoire allemande
Traduit de l'allemand par Bernard Lortholary. Collection Du Monde entier
400 pages, 64 ill. - 23,50 €
En librairie le 11 février 2010

   

 


Hans Magnus Enzensberger a publié, aux Éditions Gallimard

Essais

Politique et crime. Neuf études, traduit de l'allemand par Lily Jumel. Collection Les Essais, 1967

Europe, Europe !, traduit de l'allemand par Pierre Gallissaires et Claude Orsoni. Collection Le Monde actuel, 1988

Médiocrité et folie. Recueil de textes épars, traduit de l'allemand par Pierre Gallissaires et Robert Simon. Collection Le Messager, 1991

La Grande Migration suivi de Vues sur la guerre civile, traduit de l'allemand par Bernard Lortholary. Collection L'Infini, 1995

Feuilletage, traduit de l'allemand par Bernard Lortholary. Collection L'Infini, 1998

Le Perdant radical. Essai sur les hommes de la terreur, traduit de l'allemand par Daniel Mirsky. Hors série Connaissance, 2006

Hammerstein ou l'intransigeance. Une histoire allemande, traduit de l'allemand par Bernard Lortholary. Collection Du Monde entier, 2010

     
 

Poésie

Poésie, traduit de l'allemand par Roger Pillaudin. Édition bilingue. Collection Poésie du monde entier, 1966

Le Naufrage du Titanic. Une comédie, traduit de l'allemand par Robert Simon. Collection Du Monde entier, 1981

Mausolée précédé de Défence des loups (choix), Parler allemand (choix) et d'Écriture braille (choix), traduit de l'allemand par Roger Pillaudin et Maurice Regnaut, préface d'Hédi Kaddour. Collection Poésie/Gallimard, 2007

     
 

Romans et récits

Le Bref été de l'anarchie. La vie et la mort de Buenaventura Durruti, traduit de l'allemand par Lily Jumel. Collection Du Monde entier, 1975

Requiem pour une femme romantique. Les amours tourmentées d'Augusta Bussmann et de Clemens Brentano, traduit de l'allemand par Georges Arès. Histoire rapportée d'après des sources imprimées et inédites. Collection Du Monde entier, 1995

Joséphine et moi, traduit de l'allemand par Daniel Mirsky. Collection Du Monde entier, 2007

     
   

Articles parus dans Le Débat

« Automne suédois. Reportage idéologique », n° 26, septembre 1983, page 93

« Divagations italiennes. Reportage idéologique », n° 32, novembre 1984, page 143

« L'Imbroglio hongrois », n° 39, mars-mai 1986, page 123

« L'Espagne en éclats », n° 42, novembre-décembre 1986, page 45

     
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