Carte de presse de Marcel Aymé, 1925.  Coll. particulière.
"Travestis" par Marcel Aymé, dans Paris-Magazine, 7 mars 1934. Coll. particulière.
"Parents pauvres" de Marcel Aymé, dans Marianne, 1er mai 1935.

 

La Quinzaine de la Pléiade
Album Marcel Aymé

Marcel Aymé, journaliste

« On sollicita aussi [Marcel Aymé] pour différents articles. Un mensuel grivois, Paris-Magazine, dont les photos de nus étaient bien connues du public, en fit l'un de ses collaborateurs pendant quelques temps. Mais ses propos restèrent bien anodins et de bon goût... Plus intéressante fut la proposition d'Emmanuel Berl de lui confier un article par semaine dans Marianne. Outre plusieurs nouvelles et romans, il y publia donc les réflexions que certaines information de son choix lui inspiraient. Commencée le 22 mars 1933, cette participation dura cinq ans, mais avec une fréquence variable : vingt-sept articles en 1933, cinquante et un en en 1934, vingt-six en 1935, deux en 1936 et un en 1938.
À l'écoute de son époque, Marcel Aymé regarda, enregistra et témoigna. Nullement gêné de passer d'un sujet à l'autre, il aborda les questions les plus diverses et s'intéressa même à l'actualité étrangère. Dans "Sujets réservés", le 17 mai 1933, il ironisa sur la censure qui sévissait dans la presse italienne où il n'était pas question, par exemple, de s'interroger sur les interventions publiques du Duce, puisque le texte de ses discours parvenaient aux journalistes assortis de commentaires à publier... [...]
Mais l'actualité étrangère, aussi importante fût-elle, n'a pas constitué l'essentiel des préoccupations de Marcel Aymé dans ses articles de Marianne. La plupart d'entre eux, au contraire, ont été consacrés aux événements nationaux, qu'ils furent scolaires, judiciaires, sociaux, politiques, culturels ou tout simplement anecdotiques. Le 14 février 1934, il met ainsi en scène un clochard qui mendie avec un képi et un chapeau melon. Étonné, l'auteur lui pose quelques questions et s'entend répondre que, lors des émeutes récentes, les "Cipaux" ont chargé la foule, et que le clochard s'est "senti frôlé par le fer des canassons". Lorsqu'il a rouvert les yeux, il a vu par terre, "un képi et un chapeau melon tout neuf, que le Bon Dieu avait mis là, à la portée de [sa] main" et qu'il a décidé de s'approprier.
Ses articles fourmillent de récits drôles grâce auxquels il s'est forgé peu à peu une image d'observateur humoriste. Marcel Aymé fut un piéton de Paris en quête de pittoresque et d'inspiration. Mais il sut également être grave et véhément lorsque l'actualité le demandait. »
Michel Lécureur, Album Marcel Aymé

La Quinzaine de la Pléiade
Les jours
/ Les œuvres / Les amitiés de Marcel Aymé / Marcel Aymé et son « bestiaire » / L'écrivain au travail / Marcel Aymé dessinateur / Marcel Aymé et le théâtre / Marcel Aymé sur grand écran / L'association des amis de Marcel Aymé

© Gallimard 2001